Chaque année,
la Banque mondiale publie son rapport « Doing Business » qui compare
les climats d’affaires des pays du monde entier. Cette année, le Maroc – qui
avait enregistré un bond spectaculaire de 21 places l’an passé – recule de
trois petites places, passant de la 94ème position à la 97ème
sur 185. Les raisons de ce léger recul ci-après.
3 places
gagnées au classement du « World Economic Forum »
mais 3 places perdues au classement de la Banque mondiale. Il semblerait que ce
que l’économie marocaine gagne en compétitivité, le climat des affaires
marocain le perde, lui, en attractivité. C’est en tout cas ce que prête à
penser le tout dernier rapport « Doing Business » de la Banque
Mondiale qui compare le climat des affaires des pays du monde entier.
Dans cette 10ème édition du rapport, le Maroc
atterrit à la 97ème place sur 185, accusant ainsi un recul de 3
places par rapport à l’an passé (94ème). Notons toutefois que le classement de 2011 s’était basé sur 183 pays –
soit deux de moins que celui de 2012 –, une différence qui peut expliquer en
parti pourquoi le Maroc recule de 3 places cette année.
Cela dit, si
cette différence permet de relativiser le classement du Maroc cette année, elle
ne le justifie pas en intégralité. Pour établir son classement, la Banque
mondiale a mis au point 11 paramètres, et sur 3 d’entre eux, le royaume a
enregistré de moins bons scores en 2012 qu’en 2011.
Les points
faibles
Le premier,
c’est l’enregistrement des titres de propriétés (163ème place sur
185). Très couramment usité par les entrepreneurs lors de l’achat d’un fond de
commerce ou d’une propriété, cette procédure est toujours aussi lente que par
le passé. Au Maroc, il faut encore compter 75 jours – en moyenne – pour
obtenir un titre de propriété. A noter également que le coût de l’achat de ces
titres a augmenté depuis l’année dernière, passant de 4,9% de la valeur de la
propriété en 2011 à 5,9% de sa valeur en 2012.
Le second point
noir concerne la résolution des problèmes d’insolvabilité. Ce critère se réfère
à la « capacité d’un Etat à mettre en place un cadre juridique qui
permette aux entreprises au bord de la faillite ou en difficulté de se
restructurer ». Le Maroc ne fait pas nécessairement figure de cancre dans
ce domaine mais il enregistre en revanche une chute très forte au classement
par rapport à l’an dernier. Ainsi, entre 2011 et 2012, l’Etat marocain
passe de la 67ème à la 86ème (-19 places) en regard de sa
capacité à « assister juridiquement » les entreprises en difficulté.
Enfin, le
troisième volet sur lequel le bât le blesse pour le royaume concerne le
paiement des taxes. Le Maroc est toujours classé 110ème sur critère.
Ce mauvais classement s’explique en partie par le nombre de taxes (17) que
doivent payer chaque année, en moyenne, les entrepreneurs du pays, ainsi que
par le temps qu’ils « perdent » dans les procédures administratives
afin de s’en acquitter (238 heures chaque année en moyenne par entrepreneurs –
soit près de 10 jours … pour payer ses impôts).
Les points
forts
Cependant, si
les talons d’Achille sont encore légions au Maroc, et que le pays enregistre un
léger recul par rapport à l’année dernière, il n’en demeure pas
moins que des progrès ont été réalisés dans de nombreux domaines.
La progression
la plus saisissante se rapporte à la facilité avec laquelle il est désormais
possible de lancer une affaire dans le royaume. 93ème sur ce point
l’an dernier, le Maroc fait un bond spectaculaire de 37 places cette année et
se hisse à la 56ème place. Pour justifier cette progression, le
rapport de la Banque mondiale évoque une raison essentielle : l’abolition
de l’exigence d’un capital minimum. « Le Maroc a facilité la création de
nouvelles entreprises en éliminant l’exigence de capital minimum pour les
sociétés à responsabilité limitée (SARL) » souligne le rapport.
Autre point sur
lequel le Maroc fait toujours figure de bon élève : « la facilité à
faire du commerce avec l’extérieur », où il truste la 47ème place. Les
containers partent et débarquent toujours vite sur les quais des ports
marocains. Pour exporter un container standard, il faut en moyenne 11 jours et
pour l’importer, 16. En outre, le coût des exportations par container (de 577$)
est toujours l’un des moins élevés au monde, le Maroc étant à la sixième
place mondiale sur ce critère après Singapour, la Malaisie, la Finlande,
Hong-Kong et la Chine.
Le Maroc
derrière la Tunisie mais loin devant l’Algérie
Le « Doing
Business » de la Banque Mondiale ne permet évidemment pas que les
comparaisons longitudinales, c’est-à-dire dans le temps. Conçu initialement
pour comparer les climats d’affaires des différents pays, son axe de lecture
est avant tout géographique.
Ainsi, au
niveau de la région MENA, le Maroc fait parti – avec la Jordanie, les
EAU, Oman et Bahrain – du cluster des pays ayant les processus de
réglementation les moins complexes et les moins coûteux. De ces cinq pays, il
est aussi celui qui a les plus fortes institutions légales, ce qui est propice
au climat d'affaires. Au niveau du Maghreb, le royaume fait moins bien que la
Tunisie (50ème au classement général) mais, par contre, beaucoup
mieux que son voisin algérien (152ème). Enfin, avec l’Egypte,
il est le seul pays d’Afrique du Nord à faire parti du top 50 des pays
dont le climat d’affaires s’est le plus amélioré depuis 2005. Ces signes sont
encourageant donc, mais le Maroc ne doit pas s’endormir sur ses lauriers, faute
de quoi son classement pourrait continuer à se détériorer l’an prochain.
Publié le 23.10.2012 à 17h15 | Par Alexis Mehdi Mantrach
si le notariat était gouverné par des instances à la hauteur et que le gouvernement écoutait ses propositions le Maroc aurait pu gagner plusieurs rangs. En effet, il suffit d'adopter des mesures simples telles que par exemple la dématérialisation des formalités de transmission de propriété en mettant en place le système télé@cte comme le législateur fiscal pourrait autoriser les notaires à enregistrer les actes après l'accomplissement de la formalité de l'inscription sur les livres fonciers....nous sommes en attente de vos commentaires
RépondreSupprimerles notaires ne peuvent pas être tenus responsables pour cette lenteur car eux même sont victimes des retards causés par les administrations. Bien au contraire le notariat peut proposer des solutions et des mesures visant à améliorer les conditions de transfert de propriété, et ce, en toute célérité (-de 5 jours ouvrables) et avec un coût abordable. les investisseurs pourront bénéficier des services offerts par les notaires tels que conseil impartial, sécurisation juridique, conservation des documents et actes, rédaction des actes conformes à la loi et qui respectent la volonté des parties contractantes...
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